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Les Journées ROUEN 2020 seront un véritable bouillon de culture pour promouvoir l’excellence française en microbiomique

Pierre Déchelotte : « Les Journées ROUEN 2020 seront un véritable bouillon de culture pour promouvoir l’excellence française en microbiomique. »

La ville de Rouen, en Normandie, accueillera les Journées ROUEN 2020 les 4 et 5 juin prochains, à l’UFR de Droit-Sciences Economiques et Gestion. Un événement unique initié par la Société Francophone de Nutrition Clinique et Métabolisme (SFNCM) et le cluster Polepharma, associant les Journées Polepharma de Microbiomique (JPM) et les Journées de Printemps de Nutrition Clinique (JDP).

Selon le Pr Pierre Déchelotte, président de la SFNCM et co-organisateur de ces Journées, l’ambition est de fédérer largement la communauté des acteurs de la microbiomique en tirant de nombreux avantages d’un programme commun pour valoriser les atouts de la France sur un marché en forte croissance. 

Pierre Déchelotte est gastroentérologue, professeur de nutrition à l’Université de Rouen, et chef du Département de Nutrition du CHU de Rouen. Au sein de l’UFR Santé, il dirige l’Unité Mixte de Recherche 1073 INSERM/Université de Rouen Normandie qui travaille sur l’axe « Microbiote, Nutrition, Inflammation, et Dysfonction de l’axe intestin cerveau » et ses implications dans le domaine des pathologies digestives et nutritionnelles.

Comment est né « ROUEN 2020 » et quelle est la particularité de cet évènement?

Pr Pierre Déchelotte : A la suite du succès de la première édition des Journées Polepharma de Microbiomique à Rouen en avril 2019, un consensus s’est dégagé pour renouveler l’événement et lui donner une nouvelle dimension. Nous avons eu l’idée d’associer les secondes Journées Polepharma de Microbiomique avec les Journées de Printemps de Nutrition Clinique, déjà prévues à Rouen en 2020 par la SFNCM, pour en faire un temps fort du calendrier scientifique. L’intérêt de ROUEN 2020, un événement unique aujourd’hui, est de porter un double regard sous l’angle de la nutrition et de la microbiomique sur les avancées actuelles, mais aussi de mobiliser tous les acteurs de la chaîne de valeur, des chercheurs académiques aux industriels de la pharma, en passant par les professionnels de santé et associations de patients. C’est une approche résolument transversale pour sortir des congrès « verticaux », car c’est souvent en innovant dans les formats et les rencontres de différents publics que l’alchimie fonctionne autour d’une conférence, d’une équipe, d’une idée, et que de beaux et grands projets prennent vie.

Quelles sont ces différentes parties prenantes que vous souhaitez fédérer ?

Pr Pierre Déchelotte : Le monde de la microbiomique rassemble aujourd’hui des acteurs très variés, des chercheurs académiques et start-ups, très impliqués dans l’amont de la recherche et la preuve de concepts, aux différents secteurs de la pharmacie, de la nutrition et des compléments alimentaires qui développent des applications, jusqu’aux professionnels de santé (médecins, nutritionnistes, diététiciens…). En effet, ce sont les cliniciens qui sont au plus proches de la réalité du terrain et à la recherche d’une actualisation de leurs connaissances, dispensée dans un cadre scientifique, validé et indépendant. Il y a aussi une forte demande d’informations de la part des patients et même des bien-portants, désireux d’être guidés vers des choix éclairés, face au foisonnement d’informations commerciales et marketing qui les laissent parfois perplexes. D’importants efforts de pédagogie sont donc encore nécessaires pour dire où en est la science et ses applications aujourd’hui, et où nous allons ensemble demain. C’est ici que notre événement prend tout son sens pour faire jouer les synergies et les interactions entre scientifiques, médecins et industriels.

La SFNCM rassemble près de 800 professionnels de santé de toutes disciplines et chercheurs très impliqués dans la nutrition de l’homme malade. De son côté, le premier cluster européen Polepharma anime un réseau croissant de plus de 300 acteurs (laboratoires pharmaceutiques, fournisseurs, façonniers, CRO, établissements d’enseignement supérieur et de recherche, centres hospitaliers universitaires et institutions publiques et privées) en Normandie, Centre-Val de Loire et Ile-de-France. Nous espérons que les conférences, ateliers thématiques et temps de rencontre BtoB proposés dans le cadre de ROUEN 2020, et la soirée conviviale du jeudi soir, permettront de renforcer les échanges transversaux au sein de la filière. De quoi générer un véritable « bouillon de culture » prometteur !

Quels moments forts nous réservent ces Journées ROUEN 2020 ?

Pr Pierre Déchelotte : Dans l’esprit que j’évoquais tout à l’heure, le programme a été co-construit entre la SFNCM, dont le comité local d’organisation est présidé par mon collègue le Dr Moïse Coëffier, et le cluster Polepharma. Nous proposons une journée commune le jeudi 4 juin sur les relations entre microbiote intestinal et nutrition clinique. Plusieurs sessions thématiques sur les interactions entre Microbiote et Nutrition Clinique porteront sur la prise en charge du cancer, les pathologies digestives ou la dénutrition. En ce sens, la conférence plénière de Nathalie Delzenne, spécialiste internationale du domaine, s’annonce déjà comme incontournable pour faire le point sur les acquis et les progrès. La journée du 4 juin se terminera par un débat sur l’approche individualisée du microbiote, un sujet brûlant au cœur de l’actualité depuis la prise de position de la Société Nationale Française de Gastro-Entérologie (SNFGE) sur la limite des tests actuellement disponibles sur le microbiote.

Le vendredi 5 juin, la dynamique des secondes Journées Polepharma de Microbiomique se poursuivra de manière plus générale par une session sur les approches analytiques complémentaires abordant les composantes géniques, transcriptomiques, protéiques voire métabolomiques, en relation avec le microbiote. L’ensemble de ces approches « OMIQUES » permettent de construire une approche fonctionnelle pour mieux appréhender les mécanismes d’action spécifiques des microbiotes, leur impact sur les fonctions physiologiques et éventuellement leur implication en pathologie. Des créneaux sont disponibles en fin de matinée pour des ateliers thématiques sponsorisés. Une autre session portera sur les probiotiques, segment en forte croissance, qui pose des problématiques stratégiques et de positionnement réglementaire pour les industriels. C’est dans un effort de R&D le plus souvent en partenariat avec des institutions académiques que les progrès se feront en apportant des preuves de concept et en aidant les industriels à hiérarchiser leurs priorités et renforcer la crédibilité du secteur.

Start-up florissantes, centres de recherche experts, nombreux investissements industriels, consommateurs enthousiastes… quels sont nos atouts dans cet univers très concurrentiel et en effervescence de la microbiomique ?

Pr Pierre Déchelotte : En France, il n’est pas étonnant de voir autant d’intérêt pour le microbiote, qui s’annonce comme le nouvel eldorado des principes actifs pour les décennies à venir. C’est un champ très prometteur de R&D qui attire les investisseurs pour préparer les développements futurs en diagnostic et thérapeutique, en complément des approches de la chimie de synthèse ou des biothérapies. Le marché des médicaments et des produits de diagnostics issus du microbiome devrait atteindre le milliard de dollars en 2024, selon Seventure Partners. La France est bien placée sur la scène internationale avec son réseau de centres de recherche de référence: INRA de Jouy en Josas (Metagenopolis), CHU Saint Antoine, Institut Gustave Roussy, Institut Pasteur, Normandie Université (Rouen, Caen et Evreux) pour ne citer que quelques exemples. Nous bénéficions également d’un catalogue attractif de start-ups ou d’entreprises de taille moyenne qui ont occupé le terrain et lancé de nombreux projets innovants comme Entérome, Maat Pharma, TargEDys SA ou encore demain GMT Science et d’autres. On observe également un intérêt croissant des plus grands groupes comme Biocodex, Mayoly Spindler, Ipsen Pharma, et des « major companies » comme Sanofi, qui continuent d’investir fortement dans le secteur et guettent les opportunités de croissance. Dans ce contexte, c’est sous l’angle du travail collaboratif et de l’open innovation que se terminera la journée du 5 juin avec une table-ronde mettant en lumière les attentes de l’industrie pharma vis-à-vis de ce vivier important de jeunes pousses et start-ups. L’occasion d’identifier de nouveaux axes de travail pour aller plus loin ensemble !

Un comité de pilotage valorisant les expertises hexagonales

Le comité scientifique de pilotage des 2èmes Journées POLEPHARMA de Microbiomique se compose paritairement d’acteurs publics et privés, représentant une diversité de compétences le long de la chaine de valeur, de la recherche à la production de nouveaux médicaments ou compléments issus du microbiome :

Pierre DECHELOTTE, Directeur de l’Unité INSERM U1073, Médecin chef du service nutrition au CHU de Rouen – Université de Rouen Normandie
Moise COEFFIER, Directeur adjoint – INSERM U1073
David RIBET, PhD, Chargé de Recherche – INSERM U1073
Olivier JOIN-LAMBERT, Directeur de Recherche – CHU de Caen Normandie
Karine VALEILLE, Business Development Manager Microbiome projects – INRA JOUY EN JOSAS – METAGENOPOLIS
Sylvie CHEVALIER, LAURENCY, Département Génie Biologique Université Rouen Normandie – Laboratoire LMSM
Denis LE HAZIF, Dir. External Manufacturing Organization – IPSEN PHARMA
Pierre RIMBAUD, Directeur médical associé – ENTEROME
Sandrine CLAUS, Chief Scientific Officer – LNC Therapeutics
Karine ROGET, PhD, Strategic R&D Manager – BIOSE
Caroline MAREUIL VILLETTE, Cabinet ICOSA
Denis REQUIER, DR Sante, VP innovation – POLEPHARMA
Jeanne BATAILLE, Chargée de mission Biotesting – POLEPHARMA
Fabien MENISSEZ, Chef de projets Innovation, Nouveaux médicaments – POLEPHARMA

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